Fiche de lecture

Des « nouveaux territoires de l’art » aux tiers-lieux culturels, vingt ans après

Analyse de la filiation et des divergences entre ces mouvements culturels polymorphes

24 novembre 2025

En 2004, Culture et Musées, revue trimestrielle qui publie des travaux de recherche sur les publics, les institutions et les médiations de la culture, s’intéressait au mouvement des friches culturelles, en publiant un dossier sur le rapport rédigé par Fabrice Lextrait “Les nouveaux territoires de l’art”Lire l’analyse du rapport sur l’Observatoire des Tiers-Lieux : https://observatoire.francetierslieux.fr/relire-rapport-lextrait-en-2022/. Vingt ans après, ce concept dialogue avec celui de tiers-lieux culturels, qui a peu à peu remplacé la notion de friches culturelles dans le vocabulaire des acteurs, des institutions mais également des politiques publiques. Si le lien de filiation entre ces deux dynamiques peut sembler évident, que vient-il interroger ? Que révèle-t-il des espaces culturels dits “alternatifs” et “à la marge” des institutions ? Ce dossier se propose de comprendre ce qui se joue dans ces espaces tant d’un point de vue esthétique que d’un point de vue politique. Les tiers-lieux culturels ne sont-ils pas confrontés aux mêmes tensions que leurs aînés : accorder leur déclaration d’ancrage sur le territoire et de participation des habitants avec la réalité de leur projet ; articuler une nécessaire reconnaissance institutionnelle de leurs pratiques avec une volonté d’indépendance et d’expérimentation ?

Ce dossier thématique a été dirigé par Émilie Pamart – Maîtresse de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’université d’Avignon, co-coordinatrice de l’axe thématique “Cultures et médiations”, Maud Pélissier-Thieriot – Maîtresse de Conférences HDR en sciences de l’information et de la communication à l’université d’Avignon et Franck Renucci – professeur des Universités en sciences de l’Information et de la communication à l’université de Toulon. Il est composé de quatre articles. Le premier rédigé par Fabrice Raffin – Maître de Conférences en sociologie à l’Université de Picardie Jules Verne et Sorbonne Nouvelle Paris 3, La culture dionysiaque des friches culturelles et ses influences sur les tiers-lieux culturels, analyse les pratiques artistiques et culturelles observées dans les tiers-lieux cultuels et leurs résonances avec ce qui était déjà à l’œuvre dans les friches. On y parle d’une opposition entre une culture apollinienne (celle des institutions) et une culture dionysiaque (celle des friches). Ensuite, Renaud Garcia-Bardidia – Maître de conférences à l’université de Lorraine, Mathieu Viau-Courville, chercheur associé à l’université de Lorraine et Pénélope Girard, chargée d’édition à l’Office de coopération et d’information muséales, présentent le fruit d’une étude de terrain, à travers l’article Expérimenter la « ville tiers-lieu » entre logique institutionnelle et attentes habitantes ? Le cas d’une petite ville rurale, qui interroge la relation au projet des élus locaux et aux habitants d’une petite ville en milieu rural. Cet article met en évidence la complexité du lien au territoire. Le concept de tiers-lieu culturel est ensuite analysé à travers le prisme de la crise que connaissent les lieux labellisés du spectacle vivant. Dans leur travail de recherche, Sarah Montero – Maîtresse de conférences en géographie sociale à l’université Bordeaux Montaigne, et Aurélie Chêne – Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Jean Monnet Saint-Étienne, ont interrogé Les scènes culturelles labellisées à l’épreuve du modèle émergent du tiers-lieu culturel. Elles questionnent alors la capacité des tiers-lieux culturels à fournir des pistes de réponses et d’expérimentation aux différents besoins de transformations. Pour finir, Matina Magkou – chercheuse associée au SIC.Lab de l’Université Côte d’Azur, en contrat post-doctoral sur les tiers-lieux culturels, a inscrit la notion dans une échelle européenne et transnationale et s’est intéressée aux Réseaux européens des espaces culturels alternatifs : concepts fondateurs et convergences avec les tiers-lieux culturels, afin d’en cerner les endroits de convergences mais aussi les difficultés à comprendre une notion fluide et en perpétuel mouvement. Elle présente ainsi le large spectre dans lequel peuvent s’inscrire les tiers-lieux culturels. 

Dans ce dialogue entre friches culturelles et tiers-lieux culturels, à travers quatre entrées complémentaires, ce dossier analyse les liens que l’on peut observer entre ces formes culturelles : la singularité des expériences esthétiques vécues, la relation au territoire, les enjeux liés à l’institutionnalisation et l’ouverture à l’internationale. Cette fiche de lecture propose d’aborder ces points de convergence.

Des friches culturelles aux tiers-lieux culturels : quelles expériences esthétiques, artistiques et culturelles défend-on ?

Les quatre articles permettent de dégager une approche artistique et culturelle propre aux friches et aux tiers-lieux. Fabrice Raffin analyse que dès l’émergence des friches, on observe une volonté de rupture avec les propositions dominantes des institutions culturelles. Les friches ont revendiqué une culture de l’expérience, versus une approche centrée sur l’œuvre. Elles ont cherché à travailler l’approche sensible, la mise en scène des corps, la participation des spectateurs, la dimension collective et festive, en réponse à une vision intellectualiste qui, comme l’analyse Bourdieu, constitue le socle de “la culture dominante, institutionnelle et bourgeoise”. Fabrice Raffin oppose ainsi une vision dionysiaque (collective, fusionnelle, pulsionnelle et physique), à une vision apollinienne (individuelle, distanciée et intellectuelle). Il analyse alors l’apparition progressive de cette vision dionysiaque, au sein même de l’institution, notamment par l’intégration de certains acteurs des friches dès les années 1990 et 2000 au sein des collectivités, voire du Ministère de la Culture. Près de 30 ans après, il lit les tiers-lieux culturels comme des héritiers de cette vision dionysiaque défendue par les friches, mais dans un contexte où l’institution a peu à peu intégré cette dimension, faisant ainsi des expériences artistiques et esthétiques vécues dans les tiers-lieux, une hybridation entre la culture apollinienne et la culture dionysiaque. Fabrice Raffin ne se penche pas sur la notion des droits culturels. Si elle n’était pas tellement revendiquée, ni même particulièrement travaillée dans les friches culturelles, elle l’est davantage dans les tiers-lieux culturels. Et c’est bien ce que mettent en lumière Sarah Montero et Aurélie Chêne quand elles interrogent les potentielles pistes de réponses à la crise des lieux du spectacle vivant, que pourraient porter les tiers-lieux. On y développe des pratiques artistiques et culturelles plus en lien avec les habitants de leur territoire. On y est attentif à la participation, à la diversité et à l’inclusion des personnes. Les droits culturels, dans leur acception large de la culture, proposent une vision plus transformatrice et politique de la culture. C’est bien ce que retrouve dans plusieurs réseaux européens Matina Magkou, lorsqu’elle analyse les pratiques artistiques et culturelles des tiers-lieux. Les artistes à l’initiative ou impliqués dans les tiers-lieux culturels, revendiquent une pratique coopérative, en lien avec les initiatives citoyennes. Ces pratiques se veulent basées sur la participation et en réponse à des problématiques de société. Elles sont ancrées dans leur contexte territorial. Nous touchons là un autre sujet transverse entre les friches et les tiers-lieux culturels, à savoir le rapport au territoire. Cet enjeu est analysé à travers plusieurs expériences et pratiques dans les quatre articles du dossier. 

Des friches culturelles aux tiers-lieux culturels : comment travaille-t-on le lien au territoire et ses habitants ?


Fabrice Raffin rappelle que dès leur création, les friches culturelles ont revendiqué un lien singulier à leur territoire. En réponse à une approche institutionnelle descendante, qui ne semble pas prendre en compte les singularités de son environnement géographique, culturelle ou sociale. Dans des usages sociaux des pratiques culturelles qui se veulent tournées vers l’art et intemporel, comme les définissait Hannah ArendtArendt, 1989 [1954] ; 2002 [1958], leur vision est davantage hors sol et hors du temps, comme “écarter de la condition humaine”. En réponse, les friches culturelles revendiquent des pratiques “extraordinaires”, qui nous permettent de vivre des moments en dehors de notre “ordinaire”, mais en lien avec le quotidien et la condition humaine. Nous approchons là une partie essentielle de l’ADN des friches et des tiers-lieux culturels : l’ancrage territorial comme un élément déterminant du projet. Sarah Montero et Aurélie Chêne le démontrent bien dans leur article Les scènes culturelles labellisées à l’épreuve du modèle émergent du tiers-lieu culturel. La dizaine d’acteurs qu’elles ont entretenus11 entretiens entre mars 2022 et juin 2023 auprès de scènes nationales, scènes conventionnées d’intérêt national et de tiers-lieux : le Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP), le Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA), le Théâtre du Parvis (Tarbes), le Théâtre de Gascogne (Mont-de-Marsan), le Théâtre de l’Odyssée (Périgueux), le Théâtre du Parvis (Tarbes), le Théâtre de l’Avant-Scène (Cognac), la Friche La Belle de Mai (Marseille), la Gare mondiale (Bergerac), la scène nationale d’Alençon labellisée Fabrique de territoire. témoignent unanimement du fait que la crise Covid est venue révéler des questionnements et des réflexions au sein du secteur culturel institutionnel : une remise en question profonde du modèle face au vieillissement des spectateurs et aux enjeux de sobriété écologique. Mais la crise a aussi rendu visible la perte de leur rôle social sur les territoires. Jugées non essentielles pendant les périodes de restrictions sanitaires, les scènes de spectacle vivant n’ont pas été particulièrement plébiscitées ou encore soutenues par les habitants de leur territoire, qui ne ressentaient pas massivement un manque social ou culturel dû à leur fermeture. Leurs actions culturelles et de médiation, étant bien souvent pensées à des fins de remplissage de salle, se sont peu à peu couper des liens qu’elles pouvaient nourrir avec leur territoire. C’est alors que les tiers-lieux culturels peuvent apparaître comme des véritables sources d’inspiration pour leur capacité à travailler de manière coopérative avec une diversité d’acteurs, à co-construire des projets partenariaux et à davantage s’ancrer dans leur éco-système. 

Faire système, créer des synergies territoriales ou encore “expérimenter la ville tiers-lieux” sont des concepts qu’une partie des acteurs des politiques publiques se sont appropriés, au point même d’en faire un projet de politiques territoriales. On voit souvent dans les tiers-lieux une possibilité de redonner du souffle à la démocratie par leur capacité à activer la participation citoyenne et à créer un nouveau rapport au territoire. L’expérience relatée par Renaud Garcia-Bardidia, Mathieu Viau-Courville et Pénélope Girard dans l’article Expérimenter la « ville tiers-lieu » entre logique institutionnelle et attentes habitantes ? Le cas d’une petite ville rurale est particulièrement intéressante. Elle décrit comment le maire de la commune rurale, qui porte un nom fictif pour l’article mais que l’on sait située dans le centre de la France, a basé sa politique locale sur la dynamique des tiers-lieux. La commune comprend 1700 habitants et 7 tiers-lieux, 1 labellisation Fabrique de territoire en 2021, 30 associations culturelles et sportives et 20 ateliers d’artistes et galeries d’art. En 2023, environ 100 événements ont été organisés et la commune a par ailleurs reçu le label “Petite ville de demain” par l’Agence nationale de la cohésion des Territoires (ANCT). La ville a attiré des nouveaux habitants, notamment originaires de la région parisienne, qui ont importé leurs pratiques artistiques, artisanales et culturelles et ont contribué à déployer la vision “tiers-lieux” portée par la municipalité. L’objectif de la ville est clair : sortir de l’image de la commune rurale disqualifiée, fédérer les habitants autour d’un projet de transformation du territoire. Cette dynamique engagée dès 2011, place les tiers-lieux au cœur de sa démarche. Ces derniers sont vus comme de réels vecteurs de développement économique et culturel. Les maires qui se succèdent ont un profil similaire : fort capital scolaire et des mandats départementaux ou nationaux. Ils portent ainsi la dynamique dans des réseaux très installés, mobilisent des financements et communiquent activement sur leur projet. Seulement, les tensions entre les “résidents historiques” et nouveaux habitants, souvent qualifiés de “néo-ruraux” est palpable. Le projet qui accorde une très grande place à l’art, est difficilement compris par une partie de la population, installée depuis longtemps sur le territoire, qui ressent un “conflit d’usage” voire une “spoliation” de ces espaces publics. Constatant une opposition entre des pratiques locales et traditionnelles et des pratiques artistiques vues comme élitistes et “bobos”, la maire à chercher à résoudre les tensions en sollicitant des chercheurs. Le modèle tiers-lieu peut vite se révéler fragile et incertain. On peut interroger à la lecture de cet article, la dimension descendante d’un projet politique, qui va chercher en grande partie les compétences dont il a besoin à l’extérieur de son territoire. Comme le soulignent les autrices de l’article, les tiers-lieux de cette commune rurale comme dans d’autres territoires périphériques, ne peuvent résoudre la fracture sociale. Si cette expérience a permis de créer des espaces de négociation et des processus de médiation, elle doit encore trouver un cadre qui laisse une place à chacun. C’est ici le propre des démarches d’expérimentation sociale portées par les tiers-lieux cultuels : chaque contexte, chaque écosystème est nourri de ses singularités. Afin de travailler finement le lien au territoire, il faut aussi du temps, un droit à l’erreur, des espaces de prototypage, d’analyse et de prise de recul. Cela exige du temps long et surtout des moyens, qui demandent aux tiers-lieux, comme c’était déjà le cas pour les friches culturelles, de bénéficier de soutien public. Il est donc nécessaire de faire reconnaître les pratiques expérimentales des tiers-lieux, leur rôle politique et d’intérêt général dans les territoires et leur fonction de base arrière dans une période de transitions écologiques, sociales, économiques et culturelles. Mais alors, comment concilier reconnaissance institutionnelle et indépendance dans la pratique ? 

Des friches culturelles aux tiers-lieux culturels : comment rester un espace indépendant et d’expérimentation dans un processus d’institutionnalisation ?

Le sujet se posait déjà pour les friches culturelles et il est toujours brûlant pour les tiers-lieux culturels. Les quatres articles abordent cette tension. Fabrice Raffin rappelle le travail de reconnaissance qui a été engagé par des acteurs clés de la dynamique des friches culturelles. Soutenus par des élus et des fonctionnaires qui partageaient la vision culturelle des friches, une intégration de la notion a pu se faire dès les années 1990 dans l’institution. Le rapport Lextrait a été commandé par Michel DuffourSecrétaire d’État au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle de 2000 à 2002 qui a amorcé une politique consacrée aux « nouveaux territoires de l’art » en commandant à Fabrice Lextrait un rapport sur les expériences menées dans les friches, les fabriques, les squats., pour le Ministère de la culture dès 2001. Forts de ce travail de reconnaissance institutionnelle, les tiers-lieux culturels travaillent selon Fabrice Raffin des formes qui sont à la croisée des pratiques apolliniennes de l’institution et des pratiques dionysiaques des friches. Il parle de culture “appolysiaque”. Cette analyse laisserait-elle sous-entendre que les tiers-culturels sont une version plus assagie des friches culturelles ? 
Dans son analyse transnationale, Matina Magkou présente trois réseaux qui pourraient tous se reconnaître dans la définition de tiers-lieux. Si elle rappelle que le terme est plutôt franco-français, elle présente cependant des communautés de lieux qui partagent des traits d’identité fort avec les tiers-lieux. Ces espaces recouvrent un large spectre : des lieux intermédiaires et indépendants, dans une logique contestataire aux incubateurs culturels, portés par des logiques entrepreneuriales et le développement des industries culturelles et créatives. Les trois réseaux présentés (Trans Europe HallesRéseau de friches culturelles et lieux indépendants, European Network of Cultural CentresRéseau d’espaces engagés dans un travail socioculturel, et l’European Creative Hubs NetworkRéseau d’acteurs du secteur des industries culturelles et créatives) reçoivent tous un financement européen via l’appel à projets Europe Creative. L’autrice observe que ce soutien institutionnel important formate les pratiques et les met en tension car leur modèle dépend de subventions au projet. La question du financement et du modèle économique des tiers-lieux culturels, comme cela était déjà le cas pour les friches culturelles, les oblige à articuler leur volonté d’expérimentation sociale, voire de résistance, avec la nécessité de faire reconnaître leurs pratiques pour poursuivre leur projet dans des conditions satisfaisantes. On le comprend parfaitement dans l’article de Renaud Garcia-Bardidia, Mathieu Viau-Courville et Pénélope Girard sur l’expérience de “ville tiers-lieu” en milieu rural. Penser dans une approche stratégique par des acteurs des politiques publiques, la notion de tiers-lieu peut permettre d’aller chercher différents financements. Mais on voit bien que l’expérimentation proposée ici doit avant tout s’inscrire dans une feuille de route municipale. La question de la capacité à agir de manière indépendante se repose de nouveau. Les tiers-lieux culturels sont pourtant souvent associés à cette image du “lieu indépendant”. C’est d’ailleurs la piste évoquée par Sarah Montero et Aurélie Chêne en réponse aux problématiques des scènes culturelles labellisées. Ces dernières, même si elles affichent une volonté de mouvement et de transformations, ne peuvent que constater leurs difficultés à agir. Elles manquent d’outils et sont figées et contraintes par le cadre dans lequel elles évoluent. Liées à leurs partenaires institutionnels par des conventions et des cahiers des charges dus à leur labellisation, elles n’ont pas les marges de manœuvre que peuvent avoir les tiers-lieux culturels pour expérimenter des nouvelles formes de programmation, des nouveaux modes de gouvernance et des nouvelles modalités de coopérations sur leur territoire. Pourtant, les tiers-lieux aussi sont contraints et limités. Les autrices soulignent que malgré leur adaptabilité, ils sont pris en étau entre leur volonté de liberté et leur nécessité de reconnaissance par l’institution. Maintenir une cohérence du projet devient alors complexe : comment ne pas basculer dans une logique de marketing territorial ? Comment faire entendre le temps long, nécessaire à toute expérimentation, dans une logique d’appels à projets ? Comment ne pas reproduire des formes d’exclusion quand on est contraint par une nécessité de résultats ? L’article ne répond pas à ces enjeux essentiels mais il les soulève à juste titre. Le dossier ne prétend pas apporter de réponse, mais il vient rappeler que depuis les friches culturelles, les tensions auxquelles sont confrontées ces espaces d’expériences et d’expérimentations sont sensiblement les mêmes.

Conclusion 

L’ensemble des articles de ce dossier propose un dialogue pertinent entre deux notions qui partagent un lien de filiation. Depuis les années 1990, le contexte est différent et les expérimentations ont continué de croître en France et en Europe, élargissant encore davantage le cadre de définition dans lequel peuvent se reconnaître les tiers-lieux culturels aujourd’hui. Un cadre qui est d’ailleurs toujours en mouvement. Ce qui lie cependant les tiers-lieux contemporains aux friches culturelles de la fin du XXème siècle, c’est ce besoin d’expérimenter dans une période de mutation, c’est l’affirmation du rôle culturel et social de ces lieux dans un monde en transitions, c’est la nécessité de tester, de s’organiser, d’agir dans une société malade et en crise démocratique, écologique, économique, sociale et culturelle.

Cet article est publié en Licence Ouverte 2.0 afin d’en favoriser l’essaimage et la mise en discussion.