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La Maison de l’Envolée : le vivre ensemble comme soin et levier d’inclusion

23 mai 2026

À Saint-Nazaire, un ancien hôtel reconverti en habitat inclusif

Faire cohabiter seniors, étudiants, personnes en situation de handicap ou encore jeunes actifs, voilà la philosophie de la Maison de l’Envolée à Saint-Nazaire. Un habitat d’un type particulier, qui mise sur le vivre ensemble pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle.

À l’origine du projet se trouve Patricia Abellard, confrontée au manque de structures adaptées pour l’accueil de son fils autiste. Elle fonde alors l’école de la Chrysalide en 2012, destinée aux enfants en situation de handicap. 

Dix ans plus tard, cette volonté d’agir pour un monde plus inclusif se poursuit, avec la naissance d’un nouveau projet : le tiers-lieu l’Envolée de la Chrysalide. Sa mission ? Accompagner les personnes en précarité sociale ou professionnelle au travers d’un restaurant inclusif, ouvert en 2022, et d’un habitat partagé – la Maison de l’Envolée – ouvert en 2023. 

Un toit commun, pour des chemins de vie singuliers

Répartie sur 1 600 m², la Maison accueille 28 résidents de générations et profils différents. « Ce qui devait être un habitat dédié aux personnes en situation de handicap est devenu, au fil des mois, un lieu d’accueil pour d’autres publics fragilisés, notamment les seniors et les étudiants » raconte Daphné Garsi, chargée de communication de l’association. Certains résidents trouvent ici une manière de rompre avec la solitude, quand d’autres, en situation de fragilité psychologique ou sociale, considèrent ce tiers-lieu comme un refuge. Pour les personnes en situation de handicap, ce dispositif permet à la fois d’accéder au logement, de trouver un emploi, et de gagner en autonomie au contact des autres.

« Nous avons imaginé la Maison comme un lieu où chacun garde son indépendance tout en créant du lien » précise Daphné Garsi.

Fidèle à sa fonction d’origine, l’habitat propose des logements individuels sur le modèle des chambres d’hôtel, ainsi qu’un espace de coliving de 90 m², où les résidents se rassemblent pour échanger, partager un repas ou une activité. « Ces temps collectifs permettent à la fois de soutenir et d’être soutenu, de s’ouvrir aux autres, tout en posant un nouveau regard sur le handicap ».  

Un dispositif solide, là où l’existant ne suffit pas

Au-delà de la fonction d’hébergement, la Maison veille ainsi véritablement au bien-être de ses occupants. Au quotidien, ce « prendre soin » est orchestré par Guénola, maîtresse de maison, qui encadre les résidents en situation de handicap, et Emmanuelle, animatrice de vie sociale et partagée. C’est elle qui crée la cohésion entre les résidents et organise la vie de l’habitat. Des psychologues participent en outre aux réunions inhérentes à l’animation du tiers-lieu, et une quinzaine de partenaires publics et privés soutiennent la démarche. 


Un dispositif solide, et indispensable au territoire :

« Des structures comme la Maison apportent une réponse concrète à l’autonomisation et l’indépendance des personnes fragilisées, dans un contexte où les lieux d’accueil adaptés restent insuffisants ».

Pour Daphné Garsi, le fait de proposer un accompagnement global couvrant à la fois les enjeux professionnels et d’inclusion sociale fait en effet la différence. « L’impact positif de notre approche est réel, puisque 90 % de notre communauté vit depuis plus d’un an dans l’habitat partagé, et 100 % des bénéficiaires estiment que ce tiers-lieu favorise l’entraide et le lien social ».

Cet article est publié en Licence Ouverte 2.0 afin d’en favoriser l’essaimage et la mise en discussion.