Étude sur les pratiques culturelles en tiers-lieux

Publié le 27 aoüt 2026 par France Tiers-Lieux

Fiche 1 : De l’éducation artistique à la COOPÉRATION CULTURELLE

L’art comme manière. Certaines pratiques culturelles en tiers-lieux reposent sur une manière de faire de l’art qui passe par l’expérience, la participation et le partage des processus de création. Dans de tels espaces-projets, l’éducation artistique et culturelle ne constitue pas un objectif secondaire mais le principe même de l’action. La coopération apparaît alors comme l’exigence propre à cette manière de faire, dans des projets associant habitants, artistes, structures sociales, éducatives et collectivités. L’exemple des Poussières, à Aubervilliers, illustre cette articulation entre éducation esthétique, expérimentation territoriale et travail du commun.

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Fiche 2 : Des lieux et des temporalités OÙ S’ARTICULENT ART ET SOCIÉTÉ

Dans les tiers-lieux culturels, plusieurs temps coexistent : le temps long de l’ancrage territorial, le temps cyclique de la création participative, le temps court et discontinu des financements publics, enfin le temps propre à chaque habitant.e, artiste ou partenaire embarqué.e dans l’aventure. Permettre la coexistence de ces temporalités hétérogènes est alors une disposition remarquable de ces espaces/projets. Le Galpon, à Tournus, en Saône-et-Loire, illustre avec acuité ce qu’elle exige des personnes, mais aussi ce qu’elle rend possible : faire coïncider des temps qui, autrement, ne se rencontreraient pas, c’est les rendre contemporains.

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Fiche 3 : Culture & dignité DROITS CULTURELS, QUARTIERS POPULAIRES ET AGIR HABITANT

Les quartiers populaires non seulement ne manquent pas de culture, mais sont à l’endroit de son
invention : dans la langue qui se renouvelle, dans les imaginaires qui se trament, dans les formes
qui émergent, dans les mémoires qui se transmettent, dans les cuisines où l’on prépare des plats
à partager, dans les histoires de vie où se noue, dans des trajectoires individuelles, la grande Histoire,
l’histoire d’un peuple. Mais les politiques culturelles ont longtemps regardé ailleurs – vers les grandes
œuvres à diffuser, vers les publics à atteindre. Au cœur de ma cantine, aux Izards à Toulouse,
illustre ce que peut l’action culturelle quand elle commence à l’inverse, par ce que les habitant·e·s
sont, font et savent – quand elle commence par la dignité.

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Fiche 4 : L’imaginaire instituant DU PROCESSUS D’INSTITUTIONNALISATION DES PRATIQUES

Les institutions culturelles ne naissent pas instituées. Elles le deviennent, par sédimentation de pratiques qui précèdent toujours les labels qui finissent par les nommer. Le Jardin secret de la scène nationale du Carré-Colonnes, à Saint-Médard-en-Jalles, et les jardins du ZEF à Marseille illustrent ce mouvement : des gestes artistiques nés de l’imprévu, d’empêchements traversés ensemble, qui ont finalement produit quelque chose de durable et de nouveau – non pas malgré les institutions, mais en leur sein. Ces expériences posent une question fondamentale sur les politiques culturelles : de quelles institutions voulons-nous ?

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Fiche 5 : Œuvrer en habitant HABITER COMME CONDITION ARTISTIQUE, TERRITORIALE ET POLITIQUE

« Œuvrer en habitant » se lit deux fois. Habitant, participe présent : œuvrer tout en habitant, dans
le même geste, au même endroit – c’est la vie du Cheptel Aleïkoum, compagnie de cirque implantée
depuis 2004 dans le hameau des Beauvais. Habitant, substantif : œuvrer en tant qu’habitant –
c’est-à-dire retrouver, dans le rapport à l’œuvre, cette maîtrise d’usage que la fabrique industrielle
de la ville a soustraite à l’habiter, réduisant l’habitant au résident. Entre les deux lectures se tient
notre propos : l’alliance des artistes et des habitants ne relève pas d’un supplément d’âme, mais
d’un échange entre deux besoins symétriques – de l’espace disponible pour les uns, de la maîtrise
d’usage pour les autres – et la reconnaissance mutuelle de deux rapports à l’ouvrage

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