Partout à Rome, mais en particulier dans le quartier de San Lorenzo, la forte demande de tiers-lieux est confrontée à la mise à l’écart de nombreuses initiatives populaires ainsi qu’à l’état d’abandon de nombreux espaces de culture et de divertissement, théâtres, cinémas, etc. Dans la continuité d’une précédente recherche sur la généalogie des maisons du peuple en Europe depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux centres sociaux contemporains, le projet s’est développé autour de la réintroduction de programmes communs, publics, à la manière des maisons du peuple justement. Le projet prévoit d’implanter, en trois points d’une même rue, des salles d’études, de réunion, une scène, une salle polyvalente et un atelier d’imprimerie pour tracts et affiches. Chaque intervention se loge dans des éléments caractéristiques du site : les traces des bombardements de 1943, quelques murs laissés debout en attendant… Contrairement à l’agrégat programmatique dense que proposaient les maisons du peuple, le projet opte pour une approche plus diffuse, plus poreuse qui inclut la ville. Pour ce faire, des rez-de-chaussée sont libérés pour former une place publique, la rue est intégrée dans un dispositif scénique, des jardins suspendus sont rendus accessibles… Les communs sont ouverts et leurs seuils sont flous, ils ne se renferment pas dans l’enveloppe d’un bâtiment. Ainsi, la ville même devient sa propre maison du peuple.
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